La société de production d’énergie du roi du Maroc semble avoir achevé deux nouvelles phases du complexe éolien d'Aftissat, situé au Sahara Occidental occupé.
La semaine dernière, Nareva — la société marocaine de production d’énergie détenue par Al-Mada, la holding de la monarchie marocaine — a mis à jour son site Internet pour inclure Aftissat 3 et Aftissat 4 dans son portefeuille d'actifs opérationnels.
En ajoutant ces nouvelles installations aux parcs éoliens Aftissat 1 et 2 déjà en service, ce complexe controversé affiche désormais une capacité installée totale de 550 MW, selon Nareva.
L'entreprise présente Aftissat comme « un complexe éolien de 550 MW, le deuxième plus grand d'Afrique », composé de quatre phases générant une production annuelle combinée de près de 3 000 GWh. D'après la description actualisée du projet, le complexe compte 121 éoliennes : 56 turbines de 3,6 MW pour la 1ère phase, 40 turbines de 5 MW pour la 2ème, et 25 turbines de 6,2 MW pour les 3ème et 4ème phases.
Ces chiffres actualisés indiquent qu'Aftissat 3 et 4 ajoutent respectivement 100 MW et 50 MW de capacité au complexe existant de 400 MW.
Cette mise à jour du site Internet a été précédé de plusieurs indices récents suggérant que la construction était achevée ou sur le point de l'être. L'entreprise de logistique hispano-portugaise Laso Lasarte Wind, chargée du transport de toutes les éoliennes du complexe, a récemment annoncé la livraison des derniers composants destinés au parc éolien d'Aftissat.

WSRW a contacté Goldwind à ce sujet. L'entreprise n'a pas répondu. [À VÉRIFIER AVANT PUBLICATION]
Une fois opérationnel, le complexe agrandi d'Aftissat deviendra le deuxième plus grand complexe éolien d'Afrique, derrière le parc éolien « Gulf of Suez Wind Farm II » (650 MW) en Égypte.
Tout comme les phases précédentes, les projets Aftissat 3 et 4 semblent avoir été développés dans le cadre de la loi marocaine n° 13-09, qui régit la production d'électricité destinée aux consommateurs industriels. L'électricité produite sous ce régime est fournie directement aux grands utilisateurs industriels via des contrats privés d'achat d'électricité. Parmi les clients connus des phases déjà existantes du complexe d'Aftissat figurent le groupe OCP, entreprise publique marocaine spécialisée dans les phosphates, et LafargeHolcim Maroc, un cimentier.
Les projets éoliens du Maroc au Sahara Occidental sont très controversés car ils sont développés sans le consentement du peuple du territoire. Le fait qu'ils visent manifestement alimenter des utilisateurs industriels renforce les inquiétudes selon lesquelles ces parcs éoliens seraient conçus pour soutenir les activités économiques du Maroc sur ce territoire occupé.
Le Sahara Occidental est qualifié par les Nations unies de territoire non autonome dont le peuple n'a pas encore exercé son droit à l'autodétermination. Le Maroc ne dispose d'aucune souveraineté reconnue sur ce territoire, ni d'aucun mandat international pour l'administrer. Ses revendications territoriales ont été rejetées par la Cour internationale de justice. La Cour de justice de l'Union européenne a confirmé à maintes reprises que, au regard du droit international, le Sahara Occidental est un territoire séparé et distinct du Maroc.
Western Sahara Resource Watch (WSRW) documente depuis longtemps la manière dont le programme marocain de production d'énergies de sources renouvelables au Sahara Occidental occupé soutient l'occupation en fournissant de l'électricité aux activités d'extraction de phosphate, au dessalement, aux installations militaires et à d'autres activités industrielles établies sans le consentement du peuple sahraoui. L'extension continue du complexe d'Aftissat accentue cette dépendance tout en intégrant davantage le territoire occupé au système électrique national marocain.
« Ce projet soulève de nouvelles questions pour les entreprises impliquées dans sa construction et la fourniture d'équipements. En participant à des infrastructures énergétiques développées au Sahara Occidental occupé sans le consentement du peuple sahraoui, les entreprises risquent de contribuer à la consolidation d'une occupation illégale », a déclaré Erik Hagen de WSRW.
L'achèvement apparent des projets Aftissat 3 et 4 s'inscrit dans une expansion plus large du programme marocain énergies renouvelables au Sahara Occidental occupé. Une publication de la Fédération marocaine de l'énergie recense trois autres parcs éoliens dont l'achèvement est prévu pour 2027 : Boujdour II (300 MW), Grad Jrad Laâyoune (120 MW) et Tiskrad (100 MW). La même publication prévoyait également l'achèvement des projets Aftissat 3 et 4 pour 2026, un calendrier qui semble désormais cohérent avec le portefeuille de projets actualisé de Nareva. Le projet Boujdour II n'avait pas été mentionné précédemment par WSRW.
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